Pour la troisième année consécutive, nous avons des étés chauds et secs.

Nous sommes au sud de la Normandie, région à la réputation pluvieuse, mais dans un secteur où les chutes de pluie sont moins importantes qu'en Seine-Maritime ou dans l'Orne, par exemple. La moyenne annuelle au sud de l'Eure est d'environ 600 mm, dont la plus grande partie tombe de novembre à avril.

Depuis quelques années, je fais quotidiennement des relevés météo. Depuis le 1er juillet, nous avons eu 55 mm de pluie. Pour maintenir un jardin en bonne santé, il faut environ 30 mm de pluie par semaine. On comprend donc aisément que dans une telle situation, le jardin est en souffrance.

J'arrose les massifs de vivaces une à deux fois par semaine, avec un système d'arrosage par micro-asperseurs, posé au  sol. La répartition de l'eau n'est pas homogène, car le tuyau serpente dans le massif, mais il n'y a pas un asperseur pour chaque plante. Le but de ces arrosages n'est pas d'avoir un beau jardin, mais de garder en vie les plantes.

Cette situation de sécheresse semble se répéter de plus en plus, et on ne peut s'empêcher de penser que le réchauffement climatique en est responsable.

Je réalise que tout le travail effectué sur les massifs tout au long de l'année est récompensé par seulement deux mois de végétation florissante et pleine de santé, en mai et juin. Puis c'est la décrépitude. Petit à petit les feuillages sèchent, les fleurs se font rares, et le résultat attendu n'est pas au rendez-vous. J'en viens à me demander si tout ce travail en vaut la peine. Ai-je choisi la bonne région pour assouvir ma passion ? Finalement, faire un jardin d'ornement n'est-il pas superflu, compte tenu des difficultés climatiques qui s'intensifient ?

Bref, j'ai plein de projets de nouveaux massifs dans la tête et dans les cartons à dessin. Mais je ne sais pas si je dois les réaliser. Ou bien faudra-t-il repenser totalement le style du jardin, et privilégier des plantes de terrain sec. Je ne les aime pas beaucoup, celles-là, alors j'ai un peu de mal à m'y résoudre.

Voilà, c'est la réflexion du moment.

Place aux photos.

P8260031

Sous le cèdre bleu, le lysimachia est cramé, les hostas et les fougères font la tête.

P8260032

Le "jardin en S". Ça ne se voit pas sur la photo, mais beaucoup d'espaces sont vides. Les plantes ont cramé. Je les ai taillées, mais le feuillage ne se refait pas. les échinacées survivent sous perfusions. Par endroit, elles sont mortes.

P8260033

Le massif "vague jaune et bleu". On se demande où sont passés le jaune et le bleu. A part les alchémilles que j'avais taillé juste après la floraison, et qui ont refait un joli feuillage, tout le reste est terne et fatigué.

P8260034

Les hydrangéas sous les pommiers ont roussi précocement. Ce sont les premiers à montrer leur soif entre deux arrosages. Entre deux, les vivaces sont maigrichonnes et sans fleurs.

P8260035

Le massif pourpre et blanc. Les fleurs de renouées, qui d'ordinaire sont pimpantes jusqu'aux premières gelées, sont marrons, et les fleurs de remplacement ne sortent pas. Le cotinus a souffert et perdu quelques branches.

P8260036

Le "jardin neige" a fleuri à toute vitesse. Tout a fané très vite. Certaines vivaces taillées courant juillet n'ont pas refait de feuilles. L'eucalyptus, lui ne souffre pas de la situation !

P8260037

Sur "l'arche aux volubiles", les houblons ont bien monté, mais le feuillage est maigre et jaune. La jachère fleuri est déjà toute sèche. Les scabieuses sont misérables, et les cosmos voient leur feuillage ramollir entre les arrosages.